Tag Archives: france

Spam : un plug-in pour passer à l’offensive avec la CNIL !

S’il vous arrive d’avoir à trier, malgré votre filtre anti-spam, un ou deux emails non-sollicités qui arrivent encore occasionnellement à passer dans votre boîte électronique, alors songez que, pour ceux qui ne disposent pas de filtre anti-spam, cela devient un vrai calvaire !

L’augmentation du nombre de PC Zombies, les nouvelles techniques de spam et même la crise financière participeraient à la recrudescence du spam ! Résultat, en entreprise, le spam reviendrait cher : les employés auraient ainsi à trier en tant que tel près de 94% des emails présents chaque jour dans leur boîte.

Mais la riposte s’organise en France : l’association Signal Spam et la CNIL s’associent pour endiguer le fléau. Et il ne s’agit pas que de simples paroles, puisque les actions d’identification des spammeurs, par l’association Signal Spam, pourront se traduire par de réelles procédures judiciaires intentées contre eux par la CNIL.

Evidemment, faute de loi internationale sur le sujet, les plaintes formulées par la CNIL ne pourront toucher que la masse des spammeurs français, qui ne représentent que 5 à 8% des spam générés à l’échelle mondiale, « mais s’y attaquer et parvenir à l’endiguer serait déjà une belle victoire », indique François Bouvier, chef de projet chez Signal Spam.

Concrètement, l’association Signal Spam, fondée en 2005, passe à la vitesse supérieure en proposant à tous les internautes un plug-in à télécharger et à installer pour un client de messagerie local, pour que, d’un simple clic de souris, les spam d’une boîte mail soient directement signaler à l’association. Le plug-in existe en version compatible pour Outlook 2003/2007 et pour Thunderbird 2. Pour les autres types de messagerie (Apple Mail, GMail, Free, …), Signal Spam propose sa méthode classique d’enregistrement de l’utilisateur via un formulaire disponible sur son site, pour qu’ensuite celui-ci renseigne facilement l’association des différents spam qu’il reçoit.

Signal Spam se chargera alors d’identifier les plus gros émetteurs de spam en France pour les signaler à la CNIL. Sont principalement visées les entreprises françaises qui tirent bénéfices des envois massifs de spam, notamment en revendant des bases de données clients, constituées sans le consentement de ces derniers (opt-in).

Une fois connues de la CNIL, l’organisme public envoie des agents contrôleurs vérifier les activités « spammeuses » des entreprises suspectes. Une demi-douzaine de contrôles seraient ainsi effectués chaque mois. En cas d’irrégularités vérifiées, la CNIL lance une procédure visant à avertir les entreprises fautives et à surveiller l’évolution de leur activité en conséquence.

Si aucun changement n’est constaté, la CNIL choisit alors soit de dresser une sanction, pouvant aller jusqu’à 300 000€ d’amende, soit poursuivre en justice les entreprises incriminées, pour des conséquences plus lourdes.

Un message que nos spammeurs nationaux auront certainement écouté avec attention.

Internet et la messagerie sur mobile : des services maintenus sous pression qui ne demandent qu’à être libérés !

Dans ce nouvel article que nous vous proposons aujourd’hui, nous revenons sur les chiffres d’une enquête publiée par TNS Sofres. Des chiffres qui deviennent le point de départ d’une mise au point sur la popularité et la situation actuelle des services de navigation Web et de messagerie électronique, utilisés sur les téléphones mobiles. Comme d’habitude, le blog vous propose de laisser vos commentaires à la fin de l’article.

Dans une étude nommée Global Telecom Insight, l’institut TNS Sofres a interviewé, en novembre 2007, 16 000 personnes, âgés de 16 à 60 ans, pour connaître les usages qu’elles faisaient des téléphones mobiles et des services qui les accompagnaient. Bien que l’étude porte sur les habitants de 29 pays différents, le communiqué de presse français de l’institut de sondage se consacre notamment aux données récoltées en Europe et en France.

Suite de l’article : Internet et la messagerie sur mobile

Nokia propose un client de messagerie pour ses mobiles Symbian

Symbian France nous dévoile un nouveau client de messagerie développé par Nokia et compatible avec la plupart des systèmes de messagerie existants (comme Yahoo! Mail, GMail ou le Webmail de votre FAI), à l’exception cependant de Hotmail et des Webmails professionnels.

Encore en version de développement beta, l’intérêt du logiciel réside déjà dans sa très grande simplicité de paramétrage et dans sa fonction de Push email. En effet, après que l’utilisateur se soit contenté de s’inscrire sur le site de Nokia et qu’il ait fourni au logiciel adresse et mot de passe du compte mail à surveiller, il recevra directement sur son téléphone tout mail qui arrivera dans sa boîte. Nul besoin de se connecter via le WAP au Webmail en question, Nokia Email se charge automatiquement de « pousser » vers votre mobile les mails en réception et leurs pièces jointes.

Autre bonne nouvelle, en attendant que le logiciel soit présenté dans sa version finale, la version beta est totalement gratuite mais limitée, néanmoins, à 1 an d’utilisation. Le logiciel est utilisable sur les mobiles Nokia E51, E61, E61i, E65, E66, E71, E90, N73, N80, N81 8GB et N95.

Le téléchargement de l’application et l’inscription au site s’exécutent depuis l’adresse email.nokia.com.

Neuf Cegetel filtre le port 25 de ses serveurs de messagerie

Face à l’augmentation croissante du spam dans les échanges de courriers électroniques, Neuf Cegetel renforce ses mesures anti-spam en filtrant le port 25 de ses serveurs SMTP d’envoi de courriers.

Au travers de la dernière mise-à-jour 1.5.6 du logiciel interne des Neuf Box v4, publié en juin, le Fournisseur d’Accès à Internet Neuf Cegetel modifie le comportement par défaut des modems ADSL de ses clients et active un filtrage obligeant les utilisateurs à ne plus pouvoir passer que par son propre serveur SMTP.

En pratique, cela signifie que, pour tout envoi de courrier effectué depuis un client de messagerie, les utilisateurs d’une Neuf Box v4 doivent spécifier l’adresse smtp.neuf.fr comme seul serveur d’envoi autorisé. Si vous consultez, par exemple, depuis un client de messagerie un compte Yahoo! Mail ou GMail (disposant normalement de leurs propres serveurs SMTP), les messages que vous rédigerez depuis ce même programme ne seront envoyés que s’ils passent par le serveur d’envoi de Neuf Cegetel.

Toutefois, la chose n’est pas irréversible. Neuf Cegetel offre la possibilité à ses utilisateurs de désactiver ce filtrage dans le panneau de configuration de ses Neuf Box. Rendez-vous à l’adresse http://192.168.1.1 et modifiez le paramètre relatif aux serveurs mail Neuf se trouvant dans la rubrique Réseau, section Filtrage.

Neuf Cegetel rejoint ainsi la liste des FAI français ayant suivis les recommandations de l’AFA (Association des Fournisseurs d’Accès et de Services Internet) et celles, tout juste mises à jour fin juin, du MAAWG (Messaging Anti-Abuse Working Group). Le premier à avoir agi en ce sens fut AOL, en octobre 2006. Vinrent ensuite Free, Orange et Télé2 durant le premier semestre 2007.

Notons qu’un filtrage du port 25 devrait être, à terme, également effectif pour les abonnés de feu Club-Internet et pour les clients ADSL du groupe SFR (Neuf Cegetel devant bientôt fusionner avec le deuxième opérateur français de téléphonie mobile).

L’email au centre de la jungle juridique

Le mois dernier, deux faits relevés par la presse en ligne démontraient, encore une fois, le retard pris par les législations sur l’encadrement des nouvelles technologies. Encadrement que le milieu professionnel se voit dans l’obligation d’effectuer, parfois à la hâte et non sans heurt.

Le premier exemple nous vient des Etats-Unis où, pour une sombre histoire d’envois de menaces de mort par email envers Paul Myers, professeur d’université au blog polémique, la personne en charge du poste informatique depuis lequel aurait été envoyé ces menaces s’est vue licenciée par sa direction. L’histoire pourrait paraître anecdotique si ce n’est que Melanie Kroll, l’employée licenciée, affirme n’avoir jamais envoyé ces mails de menace à Paul Myers.

En réalité, il s’est avéré par la suite que le coupable était son compagnon, Chuck Kroll. Celui-ci a d’ailleurs rédigé une lettre dans laquelle il avoue sa culpabilité, s’excusant auprès du professeur en biologie et se déclarant consterné par la tournure prise par les événements.

L’explication fournie serait que Chuck, en utilisant l’ordinateur de sa femme, se serait servi du système de messagerie installé et paramétré, par défaut, avec le compte mail professionnel de Melanie.

Toujours est-il que pour la communauté des lecteurs du blog de Paul Myers, Melanie Kroll a payé bien cher la négligence d’avoir laissé à disposition sa boîte mail professionnelle. Cette communauté a même pris l’initiative de lancer une pétition en faveur du réengagement de Melanie Kroll chez son employeur.

Le deuxième exemple prend cette fois-ci pour cadre la France. L’affaire qui a occupé le tribunal de grande instance de Quimper, à la mi-juillet, avait pour origine un échange d’email entre un chef de service et l’un des agents de l’ancien directeur des services de la ville de Douarnenez, Gil Schmitt.

Ce qui rend l’affaire délicate tient au sujet du mail échangé. En effet, l’agent en question a dévoilé ses opinions en usant du système de réponse automatique à partir d’un mail professionnel…

D’où la difficulté du tribunal à définir si ce mail tient d’une correspondance privée ou s’il reste attaché à son caractère professionnel d’origine et, donc, consultable et utilisable par la hiérachie. Ce que n’avait justement pas manqué de faire Gil Schmitt, en incluant le contenu de ce mail dans un dossier disciplinaire visant son agent.

A l’issu du procès, le TGI de Quimper a finalement retenu la culpabilité de Gil Schmitt. Lequel a décidé de faire appel de cette décision.

Ces cas témoignent, qu’aujourd’hui encore, des efforts sont à fournir tant d’un côté que de l’autre pour éviter les erreurs ou les décisions hâtives.

D’un côté, nombre de salariés négligent ou ne connaissent tout bonnement pas les règles de sécurité élémentaires, propres à une utilisation correcte des nouvelles technologies. De l’autre, en l’absence d’un cadre législatif clairement défini, certaines entreprises se voient appliquer des règles particulièrement strictes, aux sanctions parfois exagérées.

Ajoutons à cela, un manque d’uniformisation de ces règles à l’international et l’on comprend vite que le domaine informatique se retrouve alors dans une jungle juridique qui mettra vraisemblablement encore du temps à se débroussailler.

Les mails Pro victimes de la fracture numérique ?

Retour sur une actualité publiée en février par Le Monde Informatique. Au début de l’année, le journal en ligne faisait part à ses lecteurs d’une enquête menée par l’agence de conseil marketing OpenedMind en partenariat avec Microsoft. L’enquête révélait que, malgré une progression de la part des Très Petites Entreprises en France ayant ouvert un site à leur nom, leur visibilité sur le réseau des réseaux reflétait une nette différence entre les TPE les plus jeunes situées en région parisienne et les autres.

Une disparité qui influe directement sur le nombre de créations de boîtes mails professionnelles et, par conséquent, le marché de la messagerie professionnelle en France. La plupart des TPE de province se constitueraient effectivement des adresses mails professionnelles avec des services de messagerie grand public comme ceux de Yahoo! ou de Hotmail. Si cela ne constitue évidemment rien de grave en soit, l’absence d’une messagerie professionnelle à son nom reste souvent perçue par le client comme un manque d’infrastructure dédiée dans l’entreprise et un défaut marketing en terme d’image de marque.

Si l’on peut se féliciter que la part des TPE disposant d’une adresse professionnelle se trouve être tout de même légèrement supérieure à celle des TPE disposant d’un site dédié (40% contre 38% selon cette enquête), on ne peut s’empêcher de penser que la conséquence de cette disparité si marquée n’aurait aucun lien avec la fameuse fracture numérique dont il est question en France.

Il y a fort à parier que le manque d’infrastructures réseaux haut-débit dans certaines provinces renforcent aussi le manque d’information sur des services informatiques adaptés aux TPE. Des « zones d’ombres » qu’il serait bon de combler suffisamment tôt avec les prochains réseaux WiMax, avant que l’arrivée de la fibre optique dans les grandes villes ne vienne encore élargir la fracture numérique pour la transformer en trou béant (certaines zones, en France, ne disposent encore de l’accès à Internet que par modem 56K).

Or, les nouveaux réseaux de communication haut-débit, mobiles ou informatiques, transforment déjà petit à petit les usages que nous faisons de la messagerie et génèrent de nouvelles applications (Webmail 2.0, messagerie mobile en Push mail, synchronisation des contacts et des calendriers).

L’email, facteur important de technostress

Le phénomène est encore assez méconnu et il prend pourtant de l’ampleur chaque année, à mesure que les enquêtes auprès des employés et des cadres se multiplient. Déjà identifié en tant que maladie, le technostress se manifeste plus particulièrement, dans le milieu professionnel, chez les cadres (une catégorie de salariés habitués à utiliser les nouvelles technologies).

Selon Wikipedia, cette maladie moderne se reconnaîtrait au travers de symptômes tels que des maux de têtes, de la fatigue mentale, de la dépression, des cauchemars, ainsi qu’un caractère irritable du souffrant et une propension à la panique de ce dernier. Toutes ces pathologies témoignent du caractère d’anxiété, prépondérant dans la définition du stress au travail.

Le technostress en est une variation où les nouvelles technologies de communication, et notamment l’email, peuvent en constituer l’élément déclencheur et le facteur aggravant. Ainsi, France Info s’intéresse, dans la chronique quotidienne de Sébastien Baer, à développer le sujet du technostress, suite à la dernière réunion prévue aujourd’hui au Ministère du Travail, avec les partenaires sociaux, pour la détection et la prévention du stress au travail (la chronique radiophonique peut être écoutée sur le page de France Info mise en lien).

Les attitudes dûes aux effets du stress rendent d’ailleurs certains salariés complètement dépendants de leur messagerie, comme dans le cas de cette femme, citée dans la chronique radio, allant jusqu’à rafraîchir 40 fois par heure sa boîte mail dans l’attente de nouveaux messages !

Sans même évoquer les problèmes de tri de spam qui arrivent en quantités faramineuses dans les boîtes mail professionnelles, ces phénomènes de dépendance engendrent des pertes de productivité qui influent de manière importante sur l’efficacité de certaines entreprises.

Les effets liés au technostress devraient faire l’objet d’une reconnaissance et d’une prévention particulière dans le rapport que rédigera le Ministère du Travail avec les partenaires sociaux.

Apple à la conquête des Webmails

Apple s’apprête à ouvrir incessamment sous peu son service MobileMe, refonte de son ancienne offre .Mac.

MobileMe s’annonce comme un service de synchronisation permanent et universel, capable d’effectuer du « Push » vers (ou depuis) un iPhone pour des éléments tels que l’email, le calendrier ou les contacts. Changement dans la stratégie d’Apple, MobileMe s’avère également pleinement compatible avec les logiciels de Microsoft que sont Outlook (dans sa version Express ou professionnelle), Windows Contacts et Windows Calendar.

Les fichiers gérés sur MobileMe ne s’en tiennent d’ailleurs pas seulement à pouvoir être accessibles depuis des clients lourds. Constituant l’évolution de .Mac, MobileMe fournit également en ligne l’ensemble de ces services, depuis n’importe quel navigateur, et sous des interfaces Web 2.0, très inspirées des créations logicielles d’Apple déjà intégrées à son système d’exploitation.

Bien que nécessitant un abonnement à l’année de 80€ en France, Apple veut faire de son nouveau service de données personnelles, centralisées sur le Web, un outil destiné au grand public, contrairement à un Microsoft Exchange dont les fonctionnalités avancées resteraient encore cantonnées aux seuls clients professionnels, selon Apple.

Cela étant, malgré l’ouverture d’accès de son service à tout client lourd, MobileMe aura encore à faire ses preuves face aux solutions déjà existantes et à celles, gratuites, que devraient bientôt proposer Google grâce aux interactions possibles entre ses comptes GMail et sa prochaine plate-forme pour téléphones mobiles, Android.

Les botnets européens ravissent la première place aux USA ?

D’après un récent rapport émis par l’éditeur Symantec, l’Europe, en tant que zone géographique, serait passée devant l’Amérique du Nord pour la proportion de spam envoyés à travers Internet. Cette proportion aurait atteint pratiquement les 44% de spam émis depuis le Vieux Continent, contre près de 35% pour l’Amérique du Nord.

L’inquiétude des spécialistes en sécurité tient notamment au fait que ce changement se serait produit en très peu de temps, sur les mois de décembre 2007 à février 2008. Bien que cette nouvelle position de l’Europe ne modifie pas en réalité la masse globale de spam émis sur Internet, ce changement serait dû en majeure partie à l’invasion de bots (ou logiciels robots émetteurs de spam) sur les PC allemands et italiens.

En effet, selon une récente étude menée sur une période similaire par l’éditeur d’anti-virus G DATA, affirmant que 43% des bots mondiaux viennent d’Europe, l’Allemagne et l’Italie cumuleraient à elles seules 20% des PC européens infectés par ces bots. Une fois installés frauduleusement sur les disques durs, ces bots transforment les machines en “PC Zombies”, eux-mêmes émetteurs de spam. Les bots s’échangent, au travers de ce qu’on appelle un botnet, les données personnelles de l’utilisateur et les adresses mails de ses contacts pour augmenter leur base de diffusion.

Cette augmentation de la diffusion de bots en Europe serait une conséquence de la progression des offres haut débit. La France, quant à elle, se trouverait relativement protégée du phénomène des botnets avec seulement 2% de bots installés sur le parc de machines sondées par G DATA.

Venir un jour à bout du spam… une utopie ?

A quoi bon lutter ? Depuis maintenant des années, nous, modestes utilisateurs et victimes du spam, ne faisons que nous défendre devant ce qui est aujourd’hui reconnu comme le premier fléau d’Internet. Les logiciels existent, les solutions intégrées se répandent, les Webmails se protègent, mais tout n’est fait que dans le but de résister à l’inévitable attaque du spammeur. Alors est-il possible de l’attaquer, lui ?

Concrètement, les choses bougent ! Si en Europe, le spam est punit par la loi, il faut bien admettre que peu de cas de condamnation de spammeurs en France, ou ailleurs en Europe, ont été relevés dans la presse. Mais il faut aussi admettre que la chose est maintenant considérée comme un délit (ce qui ne fut pas toujours le cas) et dénote déjà d’une prise de conscience sérieuse de la part des gouvernements quant à ce fléau du Web.

La lutte contre le spammeur atteint même de nouveaux sommets aux Etats-Unis avec l’arrestation récente de Robert Soloway, surnommé le « Roi du Spam » pour avoir envoyé plusieurs dizaines de millions de spam via sa société. Le tribunal qui le juge en ce moment a requis à son encontre 26 ans de prison. On comprend bien là la volonté du tribunal de faire un exemple. Celui-ci risque d’avoir d’autant moins de peine d’être clément que Robert Soloway n’en est pas à sa première condamnation. Le Roi du Spam a déjà eu à se défendre face aux accusations de Microsoft, pour ne citer que lui, mais il s’en était toujours sorti avec des condamnations à l’amende ; amendes que Soloway ne paya jamais. Pourtant, cette fois-ci, notre accusé plaide coupable car il sent bien que le vent de la répression anti-spam a pris un nouveau souffle.

La condamnation lourde qu’il encourt est un avertisseur fort à tous ceux résidant dans le premier pays pourvoyeur de spam au niveau mondial (selon des études menées chez l’éditeur d’antivirus Sophos, 15,4% des spam de la planète proviennent des Etats-Unis). Nouvelle preuve de cette campagne anti-spammeurs menée par les Américains, la victoire devant la Cours de Californie du site MySpace face à deux spammeurs notoires, Walter Rines et Stanford Wallace, dit Spamford, pour avoir détourné plusieurs comptes utilisateurs du fameux réseau social, toujours dans le but d’augmenter la diffusion des spams. Pas de prison, cette fois-ci mais une amende record : si Sapmford s’était déjà vu infligé une amende de 4 millions de dollars en 2006, celle qu’il vient d’écoper en 2008 avec son collègue s’élève à 234 millions de dollars !

Et les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir pris la mesure de cette pollution numérique. Au début de l’année 2007, l’Asie, première région géographique émettrice de spam, a brutalement sonné le gong de la répression anti-spammeur. Via le Japon, d’abord, avec l’arrestation de quatre personnes qui, par le piratage d’un site de rencontres très populaire au pays du Soleil Levant, auraient envoyé rien de moins que 5,4 milliards de spam en seulement 2 mois ; puis via la Corée du Sud, ensuite, avec l’interpellation de deux hommes, Park (faussement nommé la Reine du Spam) et Kwon, pour l’envoi d’1,6 milliards de spam, en 4 mois, depuis des ordinateurs des services administratifs et financiers du pays.

En France également, le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel, a annoncé la création d’un comité de déontologie visant à protéger le consommateur des pratiques intrusives effectuées sur les services de communication en ligne. Est ainsi directement visée une nouvelle méthode de diffusion des spam, celle effectuée sur les téléphones mobiles.

Car non content d’avoir infesté les boîtes électroniques sur ordinateur, le spam s’amuse maintenant à investir tout moyen de communication numérique textuel : SMS, Messagerie Instantanée, Forums et maintenant Blogs, rien ne semble pouvoir lui échapper ! Fort heureusement, chacun développe aussi de son côté des méthodes de filtres, par ailleurs de plus en plus efficaces, pour limiter au maximum son invasion. Mais l’éternel jeu du chat et de la souris se met en place et s’ensuit alors une guerre numérique, voire une guerre des nerfs, pour savoir lequel abandonnera le premier.

Si le spam a toujours eu depuis ses débuts un objectif purement mercantile dans sa ligne de mire, sa prolifération a aujourd’hui entraîné dans la bataille des Etats tout entiers. Or, si le combat persiste, celui-ci pourrait aussi être perçu par les développeurs de logiciels de spam en une sorte de lutte « révolutionnaire » face aux administration étatiques. Pire, et pourtant parfaitement plausible tel que l’a montré l’arrestation du Coréen Park, le spam pourrait être utilisé dans une guerre virtuelle afin de paralyser en très peu de temps des infrastructures informatiques stratégiques, croulant sous le nombre de spam envoyés ou reçus.

Dans ces conditions, avec sa capacité d’évolution, sa force de diffusion et l’argent facile qu’il permet de générer pour quelques pirates en mal de reconnaissance, le spam semble aujourd’hui autant ancré dans la messagerie que ne l’est une arobase dans une adresse mail ! Une lutte apparemment sans fin, mais inévitable compte tenu du fléau que représente le spam sur le trafic Internet d’aujourd’hui.