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IMAP

Les logiciels de messagerie utilisent des langages normés appelés protocoles pour s’adresser et se faire comprendre des serveurs de messagerie sur Internet.

L’Internet Message Access Protocol, plus connu sous les noms d’IMAP ou d’IMAP4, est un protocole destiné aux serveurs de courrier (les machines qui reçoivent et stockent les emails) et utilisé pour la lecture à distance du courrier par les utilisateurs. Il a été développé dans le but de remplacer l’ancien protocole de réception POP (ou POP3). Le protocole IMAP offre plus de souplesse que le POP grâce notamment à une vraie gestion distante de la boîte électronique.

Contrairement au POP, l’IMAP autorise plusieurs connexions simultanées à la boîte mail, ce qui permet par exemple de consulter ses messages depuis plusieurs postes informatiques sur lesquels la connexion resterait ouverte. La gestion de la boîte aux lettres électronique passant forcément par le serveur, il devient possible de créer d’autres boîtes mail dans la boîte principale (avec des sous-dossiers de gestion des mails), de trier ses emails selon des critères définis (date, expéditeur, étiquettes, etc.)

En outre, l’interface de messagerie du Webmail ou du client lourd (comme Thunderbird ou Outlook), qui en permet la gestion, ne fournit qu’une copie des dossiers de la boîte de réception IMAP et de leurs contenus. Ainsi, l’espace de stockage de la machine de l’utilisateur est préservé et les mails restent disponibles sur le serveur, même en cas d’une panne de la machine locale.

IMAP peut autoriser des connexions via SSL, dans sa version sécurisée nommée IMAPS.

Microsoft en passe d’acquérir définitivement Yahoo ?

De nouvelles rumeurs font finalement bel et bien état d’un possible rachat de l’ensemble de Yahoo par Microsoft. L’éditeur de Seattle serait prêt à renchérir sa dernière offre d’un dollar par action, soit 34$, pour un montant total avoisinant les 50 milliards de dollars.

Si Microsoft se refuse à tout commentaire concernant ces rumeurs, elles confirment en tout cas une certaine fébrilité autour des actionnaires de Yahoo et des opinions émises concernant l’avenir à donner à la firme.

Outre l’acquisition des technologies logicielles de la régie publicitaire (comme SmartAds), pour lesquelles Microsoft montrait un intérêt particulier, le rachat de la firme au moteur de recherches par LE représentant des logiciels propriétaires amène également certaines questions et inquiétudes auprès des clients qui ont fait le choix des logiciels Libres édités par Yahoo sous sa propre licence, la Yahoo Public Licence 1.0. Si un tel rachat venait à être finalisé, l’avenir en tant que Logiciels Libres de solutions comme Zimbra, tout juste évoqué hier sur notre blog, pourrait être remis en question.

Introduction à l’IMAP et options du compte

Votre nouveau compte apparaît maintenant dans la colonne de gauche de l’interface de Thunderbird. Faites un clic-droit sur le nom de ce nouveau compte, puis cliquez sur Propriétés.

Une nouvelle fenêtre apparaît vous proposant de modifier, en cas d’erreur ou si vous le souhaitez, une partie des informations que vous venez de rentrer avec l’Assistant de création de compte.

Cliquez sur Paramètres serveur, situé juste en-dessous, et préférez appliquer les paramètres suivants :

  • cochez la case Vérifier le courrier au lancement pour que Thunderbird récupère, dès son ouverture, les courriers de la boîte de réception.

  • pour l’option Lors de l’effacement d’un message, sélectionnez Le mettre dans le dossier corbeille

Paramètres du serveur

Si le dossier distant Corbeille (ou Trash) n’existe pas, à la base, lors de votre connexion à votre boîte IMAP, Thunderbird se chargera de le créer localement sur votre ordinateur.

En effet, le protocole IMAP fonctionne de telle manière que les messages se trouvent toujours sur le serveur. Le client de messagerie ne fait que récupérer les en-têtes des messages pour que l’utilisateur puisse les identifier. Ainsi, le risque d’infection virale du poste par un email est diminué car son contenu n’est rapatrié qu’à partir du moment où l’utilisateur en demande la lecture.

Cette méthode de récupération des emails rend d’ailleurs la gestion d’une boîte mail beaucoup plus souple. Vous pouvez par exemple très facilement changer d’ordinateur, paramétrer un compte IMAP sur un client de messagerie et consulter l’ensemble de vos mails.

Cela peut vous sembler évident, mais avec un compte de messagerie paramétré en POP, les messages se trouvent tous téléchargés du serveur vers le poste local de l’utilisateur. Le serveur est « vidé » de ses mails et il vous est impossible de retrouver alors un ancien mail depuis un autre poste. Vous ne pouvez le faire que depuis la machine qui a récupéré le mail. De même, en cas de panne de votre machine ou de réinstallation du système, si vous n’avez pas procédé à une sauvegarde de vos mails, ces derniers sont définitivement perdus.

Tous ces désagréments peuvent être évités par une relève des mails en IMAP. Cela étant, si les clients de messagerie proposent d’emblée un ensemble de dossiers à la création d’un compte POP (Brouillons, Modèles, Envoyés, Corbeille), un compte IMAP peut nécessiter leur création par l’utilisateur.

L’utilisateur peut souvent être confronté à un compte IMAP « vide », c’est-à-dire un compte IMAP ne contenant qu’un seul dossier par défaut, celui de la boîte de réception. Or, comme je l’ai précisé plus haut, si Thunderbird n’identifie sur le serveur distant que le dossier Boîte de réception, il se contentera de créer les dossiers manquants « en local ». Ces dossiers ne sont créés par Thunderbird qu’à partir du moment où un mail est censé y être placé.

Attention, cependant : un compte IMAP, contrairement à ce que peut laisser paraître Thunderbird, n’est pas forcément vide ! Pour le vérifier, faites un clic-droit sur le nom de votre compte, puis cliquez sur S’abonner…

Une nouvelle fenêtre apparaît qui, après une connexion au serveur de messagerie, va afficher un dossier appelé INBOX. Double-cliquez sur ce dossier.

Là, vous pourriez fort bien y trouver des sous-dossiers au nom de Drafts, Templates, Sent et Trash. Ces dossiers, nommés en anglais, correspondent à ceux les plus couramment utilisés dans la gestion d’une boîte mail et que j’ai, en fait, cités précédemment ; soit, respectivement, les dossiers Brouillons, Modèles, Envoyés et Corbeille.

S\'abonner aux dossiers d\'un compte IMAP

Sachant que la plupart de ces dossiers sont créés par des serveurs de messagerie fonctionnant sur des systèmes en anglais, et bien que cette nomenclature soit devenue standard, Thunderbird ne fait pas toujours l’association automatique entre ces dossiers et les noms français de ces mêmes dossiers qu’il sait pourtant gérer. Néanmoins, rassurez-vous, si Thunderbird ne les détecte pas automatiquement à la connexion au compte, le fait de le forcer à vérifier le contenu de ces dossiers (en d’autres termes, de s’y abonner) va le pousser à gérer lui-même les associations entre noms anglais et noms français des répertoires.

Pour y parvenir, et afin de gérer correctement votre compte IMAP, n’hésitez pas à cocher les cases qui correspondent à chaque dossier présent sur le serveur, puis de terminer cette procédure en cliquant sur le bouton S’abonner. Maintenant, tous vos répertoires et sous-répertoires de votre compte IMAP apparaissent dans la colonne de gauche de Thunderbird.

Par un clic-droit sur le nom de chacun des dossiers, vous pourrez, si vous le souhaitez, les renommer, les supprimer ou bien encore y créer un nouveau sous-dossier. Si vous désirez créer un nouveau dossier se situant au même niveau hiérarchique que vos dossiers principaux, faites-le alors par un clic-droit sur le nom de votre compte IMAP.

Vous pouvez créer autant de dossiers et de sous-dossiers que vous le souhaitez, et vous serez même certainement amener à le faire, afin de maintenir correctement organisé votre compte IMAP et de retrouver plus facilement un mail que vous aurez classé.

Comme vous n’y échapperez sans doute pas, vous pouvez d’ailleurs d’ores et déjà créer un dossier « Spam ».

Free, nouveau client du Webmail Zimbra

Le célèbre FAI français Free recherche en ce moment, auprès de ses 3,04 millions d’abonnés, 50 000 beta testeurs pour sa nouvelle interface Webmail. Après avoir fait confiance pendant quelques années à la solution Horde, Free s’apprête à lancer un Webmail plus moderne, créé par la société Zimbra,toujours sur base Open Source mais orienté, cette fois-ci, Web 2.0 avec l’utilisation d’AJAX.

En effet, bien que la jeune société californienne se soit fait racheter par Yahoo! en septembre 2007 pour 350 millions de dollars, toute la base logicielle de Zimbra Collaborative Suite est sous licence Libre. Le reste des technologies développées, autour d’une compatibilité avec le logiciel propriétaire Outlook ou les Smartphones BalckBerry, sont bien entendu payantes.

Après de grand noms tels que Yahoo! ou Comcast, c’est maintenant au tour de Free de faire confiance au « Webmail 2.0 » de Zimbra.

Windows Live Mail

  • Pour télécharger Windows Live Mail 2011, cliquez-ici

Windows Live MailSuccesseur d’Outlook Express, Windows Live Mail est le nouveau client de messagerie de Microsoft s’insérant dans sa stratégie Windows Live. Dans cette optique, le client de Microsoft est le seul officiellement à pouvoir récupérer les messages des comptes Live Hotmail (anciennement Hotmail). Mais Windows Live Mail permet aussi de gérer, depuis son interface, la lecture de newsgroups, la lecture de flux RSS, l’envoi direct de messages sur un blog Live Spaces, les réponses à un chat sous Live Messenger et la consultation de différents comptes de messagerie, y compris ceux de Google, dans des boîtes de réception séparées (contrairement à Outlook Express), via les protocoles POP, IMAP et SMTP.

Ce nouveau client de Microsoft fait également un bon en matière de sécurité par rapport à son prédécesseur, avec l’ajout de filtres anti-spam et anti-pishing. Il se voit aussi ajouté une fonction très pratique (mais utilisable uniquement avec un compte Live Hotmail) d’envoi de photos par mail : les photos ajoutées sont mises en page dans le mail sous formes de vignettes cliquables et éditables (taille, orientation, ajout d’effets, etc). Le destinataire reçoit le mail avec les vignettes et clique sur celles-ci pour les voir en grande taille sur le compte Live Hotmail de l’émetteur, où elles sont stockées pendant un mois.

Bien que le logiciel ait intégré pendant un moment une large bannière publicitaire, après mise-à-jour, Microsoft a décidé de la supprimer de son client gratuit. Le seul grief encore le plus formulé à l’encontre de Windows Live Mail par les utilisateurs étant l’impossibilité de voir le code source HTML des emails.

Botnet

Un botnet est un réseau de machines le plus souvent interconnectées via Internet par un « bot », ou logiciel robot. Derrière le nom de bot se cache en réalité un virus ou un Cheval de Troie. Le botnet constitue donc une base d’utilisateurs infectés par les bots, mais dont les machines sont utilisables à distance par le créateur ou l’éditeur du bot. Le botnet est alors utilisé comme une sorte de base de calcul distribué pour émettre des informations ou diffuser du code malicieux.

Les détenteurs de botnets « revendent » souvent leurs bases de machines infectées à des entreprises peu scrupuleuses ou des sociétés écrans, qui souhaitent augmenter le nombre de leurs clients. C’est ainsi que les botnets ont souvent pour fonction la diffusion massive de spam. Ainsi, les créateurs de botnets se couvrent à la fois des coûts matériels informatiques normalement nécessaires à la tâche et, en même temps, des investigations judiciaires menées à leur encontre en faisant émettre le spam, non pas par leurs propres machines, mais par celles des utilisateurs infectés par le bot et constituant le botnet.

Thunderbird

Logiciel Open Source édité par la Fondation Mozilla, Tunderbird est l’un des clients de messagerie les plus prisés par les utilisateurs d’aujourd’hui. Multi-plateforme, le logiciel s’installe aisément sur Windows et peut récupérer les données des comptes déjà paramétrés sous Outlook.

Thunderbird dispose également d’un filtre anti-spam efficace, pouvant éventuellement être remplacé par un logiciel externe, si le filtre proposé n’a pas les faveurs de l’utilisateur. Le contenu des messages identifiés comme spam est d’ailleurs automatiquement bloqué (images, scripts, etc.) afin de protéger l’utilisateur de codes malicieux dès la lecture du mail.

Outre le fait que Thunderbird puisse changer d’apparence grâce aux nombreux thèmes disponibles sur le site officiel de la Fondation, le logiciel peut aussi se voir attribuer plusieurs extensions programmées pour lui et lui offrant des fonctions de calendrier, de cryptage des messages, de lecteur de flux RSS (si vous en cherchez un plus performant que celui déjà intégré), etc.

Certaines des extensions disponibles sont d’ailleurs pleinement compatibles avec l’autre logiciel phare de la Fondation Mozilla, le fameux navigateur Firefox. Ainsi, le téléchargement de dictionnaires, utiles pour ajouter de nouvelles langues au correcteur orthographique, est valable pour l’une ou l’autre des applications Mozilla, par exemple.

Enfin, il est bon de noter que les mises-à-jour de Thunderbird s’effectuent de manière complètement automatique, depuis le logiciel.

La petite Histoire de l’email

Préhistoire

On considère souvent que l’histoire de l’email (ou courrier électronique) débute en 1965, à une époque ou Internet n’existait pas encore. C’est en effet durant cette année que furent mis en place les premiers échanges de messages entre utilisateurs sur des réseaux privés.

L’un des premiers systèmes ayant autorisé l’échange de messages fut le Compatible Time-Sharing System (CTSS) de la fameuse Institut de Technologies du Massachusetts (MIT), bien que cette paternité lui soit aussi revendiquée par la société System Development Corporation (SDC) et son propre Time-Sharing System (Système de Temps Partagé) créé pour le Q32, un ordinateur spécialement fabriqué par IBM pour l’Armée de l’Air américaine.

Cela étant, le courrier électronique ne naît véritablement qu’à partir de la création du réseau ARPAnet, l’ancêtre d’Internet. Et c’est à l’automne 1971 qu’un ingénieur du nom de Ray (Raymond Samuel) Tomlinson, travaillant chez Bolt Beranek and Newman Technologies (société employée par le Ministère américain de la Défense pour le développement du réseau ARPA), s’envoya à lui-même le premier email de l’Histoire.

Auparavant, les messages ne pouvaient être envoyés qu’aux utilisateurs d’un même domaine et consultés, le plus souvent, sur la même machine que celle qui servait à écrire et déposer les messages.

 

 

 

Genèse d’une révolution

Ray Tomlinson conçu une application spécifique à l’envoi de messages, SNDMSG (Send Message), ainsi qu’une application dédiée à la lecture de ces derniers, READMAIL. Ces applications autorisaient la lecture de messages par différents utilisateurs mais sur une seule et même machine. L’idée de Ray Tomlinson fut d’ajouter à ces applications un protocole d’envoi et de réception de fichiers à travers le réseau ARPAnet, le CPYNET.

Après l’écriture de quelques 200 lignes de code et la création de deux boîtes électroniques sur deux machines côte à côte, Ray Tomlinson devait encore trouver un moyen pour que le programme différencie facilement un message local d’un message réseau. C’est alors qu’il eut l’idée de dissocier nom d’utilisateur et nom d’hôte avec le seul caractère qui n’était utilisé dans aucun nom propre ni, et surtout, dans aucun nom d’entreprise – qui, par la suite, pouvait servir de préfixe au nom de domaine : le symbole @ (arobase).

Ray Tomlinson parvient ainsi à s’envoyer le premier « netmail » de test avec pour seul contenu « QWERTYUIOP », soit la première ligne de caractère du clavier anglophone.

Le premier véritable email envoyé à des utilisateurs le fut par Ray Tomlinson pour annoncer justement la naissance de son application et en expliquer son fonctionnement aux employés de BBN Technologies.

 

 

 

A star is born

L’email connu un tel succès qu’il devint vite inenvisageable, pour les utilisateurs du réseau ARPAnet, de s’en passer. En conséquence, le logiciel obtint très vite le qualificatif de « killer app » (ou « application-qui-tue ») du réseau ARPAnet, et les développeurs s’attachèrent soit à améliorer le programme et son protocole de transfert, soit à développer leurs propres solutions.

Dès 1973, une étude menée par l’ARPA dévoilait que 75% du trafic de son réseau était généré par l’échange d’emails.

C’est en 1975 que l’email va se voir adjoindre un véritable client de messagerie avec la création de MSG par John Vittal, alors ingénieur à l’Institut des Sciences de l’Information, dans l’Université de Californie du Sud. Son programme, considéré comme l’ancêtre des clients de messagerie modernes comme Outlook ou Thunderbird, permet à lui seul de rassembler les fonctions de lecture, d’envoi, de transfert des mails, d’adjonction de pièces jointes et la notion de « corbeille » pour les messages supprimés, le tout dans une interface simplifiée.

Dans la même année, la liste de diffusion non-officielle « SF-Lovers », pour les amoureux de la science-fiction, devient la plus populaire de tout le réseau ARPA.

 

 

 

Le côté obscur du mail

En 1978, Gray Thuerk, un employé de Digital Equipment Corporation (sous-traitant pour le Ministère américain de la Défense), souhaite faire connaître l’un des nouveaux produits de sa société aux ingénieurs du réseau ARPAnet. C’est dans le but de ce simplifier la tâche d’envoi du même mail pour chaque personne que Gray Thuerk récupérera les adresses mail de toutes les 393 personnes, connectées à l’époque sur le réseau, pour leur transmettre ce qui est aujourd’hui considéré comme le premier spam de l’histoire. Son action fut critiquée par l’ARPA, jugeant l’annonce commerciale inappropriée avec l’utilisation qui devait être faite du réseau, à l’origine prévue pour la recherche et le développement technologique.

 

 

 

Ces mails, spam et z’ognons !

Le terme de spam a été assimilé aux courriers indésirables à la suite d’un célèbre sketch des Monthy Python qui fut rediffusé en 1975 sur la BBC (sa première diffusion datant du 15 décembre 1970). Le sketch, complètement loufoque, traitait d’un couple dans un restaurant qui demandait désespérément à la serveuse un plat sans « spam ». En outre, le trio de protagonistes se voyait de plus en plus gêné dans sa conversation par un groupe de Vikings chantant à tue-tête : « Spam, spam, spam, spam ! ». Les Vikings du restaurant, imperturbables, chantent de plus en plus fort, jusqu’à couvrir les voix du couple et de la serveuse qui finissent par ne plus pouvoir s’entendre.

Mais le spam n’est pas un mot purement inventé par les Monthy Python. Il s’agit d’un véritable aliment en conserve qui fut fabriqué par l’américain Hormel Foods Corporation pendant la Seconde Guerre mondiale et distribué aux soldats de l’armée. Son nom est l’acronyme de « Shoulder of Pork And haM », ou, en français, « épaule de porc et jambon ». Relayé par la mauvaise presse qu’en faisait les soldats, le mauvais goût du produit fut par la suite notoirement connu du public anglo-saxon. C’est à partir de cette culture populaire et du fameux sketch des Monthy Python que furent désignés comme spam les messages non-désirés, à caractère commercial, qui ont fini par « envahir » les boîtes électroniques.

Aujourd’hui, après avoir fêté ses trente ans le 3 mai, force est de reconnaître que le spam constitue en 2008 entre 95% et 98% des échanges de mails réalisés dans le monde (selon les données statistiques de la société Softscan)…

L’email n’est pas mort !

Voilà un titre qui pourrait apparaître comme complètement hors de propos sur ce site. A priori, c’est vrai, l’email reste l’un des moyens de communication les plus prisés, tous médias confondus. Selon différentes études, menées aussi bien dans le milieu professionnel qu’auprès du grand public, l’email est la première utilisation des Internautes.

En entreprise aussi, l’email serait devenu le moyen de communication interne numéro un. Il suffit d’ailleurs de se rendre compte des nouvelles habitudes que la messagerie électronique a généré : aujourd’hui, tout jeune chômeur se doit de composer son CV sur ordinateur et de l’envoyer par mail à différentes entreprises ou agences pour l’emploi. L’email aurait pris une telle importance dans les moyens de communications quotidiens que certaines activités se retrouveraient aujourd’hui bloquées si l’email leur était enlevé. Pourtant, force est de constater que ce moyen de communication essentiel n’est pas le plus aimé des jeunes.

Outre, le fait que nombre d’entre eux estiment l’email comme « ringard », la plupart lui reproche surtout d’être un moyen de communication trop lent. C’est donc naturellement qu’ils se tournent vers les logiciels de Messagerie Instantanée (Instant Messaging), tels que MSN, Skype, AIM ou bien Google Talk, à la recherche du contact immédiat avec l’interlocuteur.

Il faut bien avouer que l’IM offre des possibilités équivalentes voire nouvelles par rapport aux clients de messagerie : conférence à plusieurs (y compris en audio ou vidéo), envoi de fichiers de différentes tailles, visibilité en temps réel des personnes connectées, etc. L’IM prend même tellement d’ampleur que les principaux opérateurs de téléphonie mobile se voient maintenant courtisés par les éditeurs de logiciels IM !

La guerre des logiciels IM repart, mais sur un nouvel appareil, le téléphone mobile, car sur Internet, la bataille est maintenant pratiquement jouée en faveur de Microsoft. Du moins dans les logiciels à télécharger, car ceux-ci finissent eux aussi par subir l’inexorable chemin de la dématérialisation et, de ce point de vue, les places ne sont pas encore acquises…

En effet, l’association sites Web 2.0 / réseaux sociaux / IM paraît de plus en plus évidente, et des rapprochements entre portails Web 2.0 et éditeurs de logiciels IM se créent. Après tout, pourquoi lancer son logiciel IM si celui-ci est intégré à la page que l’on visite ? Cela a aussi l’avantage de pouvoir retrouver ses contacts directement en ligne, sur le site, depuis n’importe quelle machine, sans avoir à installer quoi que ce soit. Mais tous ces avantages de l’IM se trouvent aussi balayer par l’un de ses principaux inconvénients, présent depuis son existence.

Tous ces éditeurs de logiciels de Messagerie Instantanée ne sont malheureusement pas partageurs, et le numéro un du secteur garde jalousement tous ses utilisateurs inscrits. Même si des tentatives existent pour résoudre le problème d’intéropérabilité entre les réseaux IM (telles que celles proposées par les logiciels GAIM, Trillian ou encore Pidgin), aucune n’est apte à fournir tous les services auxquels un utilisateur a accès lorsqu’il s’est créé un compte chez l’éditeur. Et ce manque d’intéropérabilité pourrait bien freiner l’inexorable progression de la Messagerie Instantanée.

Disposer pour soi de tous les services du Web supposerait de sacrifier à la simplicité d’utilisation en ayant obligation de s’inscrire sur chacun des réseaux IM pour en profiter n’importe où, à tout moment. Or, ce problème, déjà connu par les utilisateurs depuis leur ordinateur, semble sur le point de se reproduire sur la téléphonie mobile et les sites Web 2.0.

Et c’est à ce moment que l’email joue son va-tout.

Que l’on utilise un téléphone mobile ou un ordinateur, et qu’il soit doté d’un système Microsoft, Apple ou Linux, l’email restera toujours visible ! Les standards sur lesquels reposent la communication par mail sont clairement établis et fonctionnent avec n’importe quelle plate-forme. Et ce qui paraissait impossible sur mobile, il y a encore quelques années, est aujourd’hui pleinement accessible avec l’augmentation du débit mobile, via les réseaux EDGE ou UMTS.

L’email pourrait bien effectuer sa renaissance avec l’évolution des téléphones mobiles, notamment grâce aux SmartPhones, véritables condensés d’ordinateurs. Ainsi, les emails, aux contenus enrichies par le langage HTML, se débarrassent de leur austérité habituelle et se trouvent toujours identiques à ce qu’ils sont, quel que soit le moyen utilisé pour les lire.

En outre, cette multiplicité des moyens d’utilisation de l’email n’impose pas l’immédiateté de la réponse. Par nature, l’email est un moyen de communication en différé, contrairement à la Messagerie Instantanée, et cette notion en fait donc un outil complètement détaché de toute plate-forme propriétaire, mais aussi libéré de la contrainte de disponibilité immédiate qu’impose le mode de communication des logiciels d’IM. Cet élément, en particulier, peut s’avérer déterminant lorsqu’on sait que l’avenir des communications passent par l’Internet mobile et le “permanently logged” (connecté en permanence).

Car être connecté partout en permanence n’implique pas pour autant être disponible pour ses contacts en permanence. A fortiori, le connexion mobile permanente pourrait bien amener chez les jeunes cet effet pervers du rejet de l’obligation de haute disponibilité, imposée par le terminal et le client de Messagerie Instantanée. Et quitte à communiquer quand on le souhaite, pourquoi ne pas choisir une manière différente de le faire, apportant des présentations plus conviviales des contenus et s’accompagnant de pièces jointes mulimédias ?

L’email a ce potentiel d’intéropérabilité et d’évolutivité qui pourrait, à terme, lui permettre de regagner les faveurs d’un public jeune, en quête généralement d’indépendance logicielle, de création aisée de présentations riches des messages et d’adaptation à une pleine mobilité. De part sa nature même de dialogue différé, il pourrait s’imposer comme l’outil de communication textuelle majeure de l’Internet de demain.