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Microsoft prêt à manger du BlackBerry ?

Alors que l’action Research In Motion valait près de 148$ au mois de juin, la crise financière fait aujourd’hui chuter son cours à près de 50$, ce qui ne valorise plus la firme canadienne qu’à hauteur de 28,5 milliards de dollars. Une situation propice à son rachat, particulièrement pour Microsoft, selon certains analystes.

Certains considèrent, en effet, que l’acquisition de RIM par l’éditeur de logiciels se révèlerait particulièrement stratégique. Elle aurait ainsi principalement deux avantages : le premier serait d’éliminer un concurrent sur le secteur des OS mobiles pour SmartPhone (abandon de BlackBerry OS au profit de Windows Mobile) ; le deuxième serait d’affirmer une position sur un marché naissant (celui des terminaux mobiles Internet) pour lequel Windows Mobile a aujourd’hui à affronter la concurrence particulièrement féroce de l’iPhone d’Apple et celle du système Android de Google.

Une telle conséquence entraînerait aussi certainement la migration du fameux système de Push Mail de RIM (fonctionnant avec l’association des logiciels BlackBerry Entreprise Server et BlackBerry Connect), pour favoriser encore davantage la diffusion des technologies Microsoft équivalentes (avec Exchange Server et la synchronisation par ActiveSync).

D’aucuns pensent que Microsoft aurait déjà entamé des discussions avec RIM pour convenir d’une OPA amicale proposée pour 50$ par action ; ce qui sous-entend que Microsoft s’attendrait à une baisse encore importante du cours de l’action RIM, dans les semaines à venir.

Toutes ces questions devraient vraisemblablement trouver réponse avant la fin de l’année.

Nokia n’aime plus du tout RIM

Nokia ne semble plus vouloir laisser les BlackBerry de RIM prendre davantage de parts sur le marché des SmartPhone. Si celle du n°1 de la téléphonie mondiale s’établissaient à 50,8% sur le marché des SmartPhone, elle serait descendues à 47,5% entre les seconds trimestres des années 2007 et 2008, selon les chiffres de l’institut Gartner. Or, dans le même temps, la part de marché de Reasearch In Motion aurait pratiquement doublé, passant de 8,9% à 17,4%.

Nokia réagit donc en conséquence face à ce sérieux concurrent : tous les modèles de gamme N de la fameuse série 60, anciens comme nouveaux, bénéficieront bientôt d’une compatibilité avec les serveurs de messagerie Microsoft Exchange. Cette compatibilité est rendue possible par l’intermédiaire d’un logiciel développé par Nokia, Mail for Exchange, pour lequel Nokia a acquis une licence Miscrosoft ActiveSync et qui autorise le Push Mail avec les serveurs Exchange 2007.

Jusqu’à présent, seuls les modèles de gamme E (professionnel) et deux modèles de gamme N (grand public), les N78 et N96, disposaient de ce logiciel. En outre, l’abandon du logiciel BlackBerry Connect (application de Push email propriétaire, passant exclusivement par les serveurs de RIM) sur les modèles E66 et E71 constituait déjà un prélude au rafraîchissement des relations entre les deux firmes. Désormais, Nokia semble bien décider à lutter plus fermement contre le canadien RIM.

Notons, par ailleurs, que cette décision s’inscrit aussi dans une stratégie d’innovation opérée par le géant finlandais. Pour espérer ne pas être bientôt dépassé par des SmartPhone concurrents aux possibilités très avancées, Nokia a compris qu’il fallait faire évoluer les solutions logicielles plus rapidement. Quitte à racheter l’éditeur de Symbian OS, pour tenir tête aux OS concurrents comme Windows Mobile (Microsoft), BlackBerry OS (RIM), OS X (Apple) et Android (Google).

Microsoft : des emails en “Live” grâce à la vidéo

Microsoft vient de lancer un nouveau service de messagerie, lié à sa stratégie Windows Live. Il s’agit d’un service de messagerie vidéo, ouvert seulement aux détenteurs d’un compte Windows Live. Windows Live Video Messages, car tel est son nom, est promu avec la sortie coordonnée de deux nouvelles Webcam, estampillées Microsoft, et répondant aux noms de LifeCam Show et LifeCam VX-5500.

Bien qu’en réalité Live Video Messages fonctionne avec n’importe quelle webcam, l’inauguration du service est aussi une occasion pour Microsoft de diffuser encore un peu plus son programme SilverLight, destiné à créer des applications Internet riches et à concurrencer des solutions telles que Adobe Air, AJAX, Flash ou encore SproutCore (récemment supporté par Apple et utilisé pour développer l’interface de MobileMe). Le site n’est effectivement consultable qu’après l’installation du programme.

Les utilisateurs ont donc la possibilité de poster des messages vidéos à leurs contacts Live Messenger, que chaque destinataire consultera par la suite en se connectant à l’espace personnel qui lui est réservé sur videomessages.live.com. Ce service de “répondeur vidéo”, pour l’instant en beta test, permettra de juger de sa popularité auprès des utilisateurs. Ceux-ci sont-ils prêts à préférer la vidéo au texte et à choisir Live Video Messages plutôt que YouTube ou DailyMotion pour ce genre d’utilisation ?

Ma Sfere : la messagerie « dans le nuage » selon SFR

Face à la sortie de l’iPhone (en exclusivité chez le concurrent Orange) et au service associé MobileMe d’Apple, SFR contre-attaque. Le deuxième opérateur de téléphonie mobile vient de rendre disponible un nouveau service de synchronisation « dans le nuage » pour les données et les messages de ses utilisateurs.

Annoncé conjointement avec la sortie, en exclusivité chez SFR, du Samsung Player Addict (un SmartPhone tactile marchant clairement sur les plate-bandes de l’iPhone), le service Ma Sfere s’articule autour de trois rubriques nommées « Mes contacts », « Mes messages » et « Mes contenus ».

Le service Ma Sfere a été conçu pour être accessible à la fois depuis un ordinateur (quel qu’il soit) et à la fois depuis un téléphone mobile (de préférence, associé à l’un des forfaits Illimythics 3G+ de l’opérateur), via une interface Web unique, disponible depuis le site Web de SFR. Ce qui rend plus particulièrement attrayantes les deux premières rubriques, comme le commente LeMondeInformatique.

Ainsi, « Mes contacts » synchronise la carnet d’adresses de l’utilisateur avec celui de son espace en ligne, en y ajoutant des fonctionnalités hérités des réseaux sociaux, comme l’humeur, la géolocalisation ou l’actualité personnelle des contacts. « Mes messages » fournit une interface de gestion centralisée pour les emails, les SMS, les MMS et les messages vocaux (dont la gestion de ces derniers prend comme modèle celle de la Messagerie Vocale Visuelle de l’iPhone). Enfin, « Mes contenus » permet aux clients SFR de transférer images, musiques ou vidéos (dans une limite de 150Mo par fichier) sur un espace de stockage en ligne limité à 1Go.

Ambitieux, Ma Sfere prévoit également l’envoi d’alertes, par SMS, des derniers commentaires des visiteurs sur les fichiers, transférés par le client vers son espace en ligne. Lequel se veut donc une sorte de blog composés de médias personnels.

Après MobileMe d’Apple, et en attendant Microsoft Live Mesh, SFR se dote de sa propre solution de synchronisation des données utilisateur qui, par la suite, sera disponible pour tous ses clients, y compris ses abonnés ADSL. Un nombre d’abonnés ADSL qui peut se révéler d’ailleurs assez conséquent, si l’on y aoute ceux du groupe Neuf Telecom (avec lequel SFR a récemment fusionné) !

Encore gratuit jusqu’au 31 décembre 2008, Ma Sfere devrait représenter, par la suite, un coût supplémentaire de 2€/mois ; sans compter les envois de fichiers vers l’espace personnel, qui seront facturés au prix d’un MMS non sur-taxé.

IBM adapte Lotus Notes pour l’iPhone

IBM confirme son intérêt pour le marché professionnel que vise aussi l’iPhone d’Apple. La firme annonce la disponibilité pour la fin de l’année de Lotus iNotes, une solution basée sur ses serveurs Domino Web Access et disponible donc sous forme d’application Web, via le navigateur Internet intégré à l’iPhone. Emails, contacts et agendas seront ainsi bientôt accessibles aux clients des solutions de messagerie Lotus Notes.

Alors que l’institut Gartner reste prudente concernant le choix de l’iPhone en tant que terminal mobile dans le milieu professionnel, IBM saute carrément le pas et accentue, de fait, l’image du SmartPhone d’Apple comme solution de messagerie mobile professionnelle. Néanmoins, au delà de l’intérêt suscité par le portage de Lotus Notes sur iPhone, il faut aussi préciser que cette adaptation de son logiciel revêt une importance stratégique pour IBM.

Avec la mise à disposition gratuite du FirmWare 2.0, Apple rend nativement compatible tout modèle d’iPhone avec la solution de messagerie Exchange, du concurrent Microsoft. En choisissant de passer par une application Web, Lotus iNotes n’aura pas à être proposé via l’App Store (le magasin en ligne d’applications pour l’iPhone) et devrait donc être gratuit, lui aussi (sous peine, bien entendu, que l’entreprise dispose d’une licence Lotus Domino Server). Ainsi, IBM ouvre l’iPhone à d’autres solutions de messagerie professionnelle que celles prisent en charge nativement par le terminal (Microsoft Exchange, Apple Mail Server ou MobileMe).

MobileMe : la catharsis d’Apple ?

Apple finira-t-elle par résoudre les problèmes de son service de Webmail et de synchronisation en ligne ? Espérons-le pour ses clients, mais ceux-ci devront vraisemblablement prendre leur mal en patience encore quelques temps. Il y a un peu plus d’une semaine, un « nombre » (non divulgué par Apple) de personnes s’est retrouvé, durant plusieurs heures, dans l’incapacité d’accéder à ses emails. « Encore », serait-on tenté de dire ?

Effectivement, à bien regarder l’historique de maintenance du service, MobileMe a semblé nécessiter une maintenance de niveau élevé tous les 2 jours, en moyenne, depuis son lancement et jusqu’à ce dernier incident !

Néanmoins, à quelque chose malheur est bon : la situation de crise autour de MobileMe paraît avoir un peu réveillé le support en ligne de la firme. Si, sur son site officiel, Apple se montre généralement avare en explication, vis-à-vis des difficultés qu’elle rencontre parfois sur certains de ses produits, le cas MobilMe l’a obligé à se montrer plus proche de ses clients (qui paient tout de même ce service 79€/an).

Ainsi, Apple vient d’annoncer offrir 60 jours d’utilisation supplémentaires à ses clients inscrits à MobileMe avant le 19 juillet. La précédente page Status, qui faisait occasionnellement état des améliorations apportées à MobileMe, vient d’être fermée. Une nouvelle page d’informations générales sur MobileMe a été ouverte. Apple en profite d’ailleurs pour annoncer qu’elle ouvre également une page de chat direct avec son équipe de support. Enfin, la page de support technique s’est vue ajouter un indicateur d’état des différents services proposés par MobileMe.

Bien que le cadre fonctionnel de MobileMe ne se décante que lentement, Apple concède quelques efforts de communication sur son support en ligne qu’on lui avait rarement vu appliquer jusque là. Même si les détails des mises à jour ou des correctifs restent plus que succincts, les habituels clients d’Apple apprécieront la volonté de la firme de les tenir mieux informés. On souhaite en tout cas que la réussite de cet effort puisse aussi déboucher sur une meilleure communication quant au support apporté aux produits et services de la marque à la pomme. Son président et chef de file, Steve Jobs, s’autorisant déjà à révéler certaines informations sur des sites de fan !

L’iPhone est-il professionnel ?

La sortie de la version 2 de l’iPhone a apporté quelques espoirs a ses utilisateurs professionnels. Même si dès le départ, le logiciel de messagerie Mail était parfaitement utilisable et performant, la partie PIM : Agenda & Contacts était franchement décevante pour des aficionados de la mobilité. Or, à voir le nombre d’iPhone dans les allées du World Mobile Congress ou de tout autre manifestation professionnelle, on se demandait si Apple n’avait pas oublié ce marché ?

La nouvelle version a apporté quelques espoirs avec l’annonce d’un support d’Exchange… mais quelle déception en découvrant que seuls les possesseurs de ce serveur peuvent réellement l’utiliser à 100 % . Pourquoi des fonctions comme la gestion des invités à une réunion sont-elles réservés aux “Exchangeurs” ? Pour paraphraser Pascal : ” Apple a ses raisons que la raison ne connaît point”.

Heureusement, les outils de synchronisation commencent à fonctionner. Ainsi il est désormais possible de synchroniser ses contacts automatiquement grâce aux logiciels SyncML et notamment celui de Synthesis (Funambol présentant encore quelques bugs).

Mais malheureusement le calendrier est encore absent et les informations fournies par les éditeurs sont peu encourageantes : “Apple ne fournit pas d’accès aux données du Calendrier” .

C’est pourquoi, chez Alinto, nous travaillons sur plusieurs pistes et nos utilisateurs pourront prochainement bénéficier d’un support du protocole CalDAV qui devrait compléter les possibilités de synchronisation.

Si vous avez expérimenté d’autres solutions, nous sommes preneurs de vos retours d’expérience (suggestion@alinto.com ou ce blog).

Philippe

L’avenir des solutions de messagerie passe-t-il forcément par le tout en ligne ?

Avec l’importance que prend la messagerie électronique au sein des échanges quotidiens, professionnels ou non, les utilisateurs finissent par être de plus en plus exigeants sur les services qui leur sont proposés. La messagerie a même acquis un tel poids dans certaines branches d’activité que sa disponibilité en est devenue un poste hautement critique pour lequel toute coupure du service est inenvisageable. De telles contraintes (nécessitant d’importants moyens d’exploitation) rendent alors évident le besoin d’externalisation du service, dans certaines entreprises.

D’ailleurs, les grandes firmes américaines en font toutes le pari : l’avenir de l’informatique passe par la dématérialisation. Le premier représentant de ce courant de pensée est bien évidemment Google. L’Ogre de Mountain View investit plusieurs milliards de dollars par an (que ce soit directement en Recherche & Développement ou par le biais de rachats stratégiques d’autres entreprises) pour asseoir sa position de premier fournisseur de services complets sur Internet. Le but ? Que chacun puisse disposer de ses données personnelles et les échanger avec d’autres personnes à travers un espace virtuel, accessible n’importe où, n’importe quand. L’idée est affriolante, certes, mais s’accorde-t-elle vraiment aux besoins des utilisateurs ? Le tout en ligne est-il une solution réellement gérable et les utilisateurs sont-ils prêts à l’accepter ? Pas si sûr.

Les limites du modèle retenu

Des faits récents démontrent que les services en ligne sont loin d’être infaillibles. Si les ressources accessibles deviennent virtuellement illimitées grâce à Internet, dans les faits, elles reposent pourtant bel et bien sur des moyens matériels et humains qui se trouvent, eux, être limités et pour lesquels leur expansion ne peut être dictée que par les moyens financiers dont dispose la firme. L’un des derniers cas critiques de ces dernières semaines est sans aucun doute l’exemple fourni par le service MobileMe d’Apple. Pressé de fournir elle aussi un service de messagerie et d’outils collaboratifs en ligne, la firme à la pomme a choisi de refondre son ancien service .Mac en @me.com et le rendre disponible en même temps que la nouvelle version de son SmartPhone, l’iPhone 3G.

Mal lui en a pris ! Non seulement la transition de l’ancien service vers le nouveau s’est concrétisée dans la douleur (avec la perte de certains emails des utilisateurs de .Mac migrés sur MobileMe), mais nombre des nouvelles fonctionnalités promises se sont retrouvées inutilisables (synchronisation entre périphériques à la peine), quand ce n’était pas le service tout entier qui devenait inaccessible, sous le nombre important des connexions utilisateurs. Mais là où le bât blesse, c’est que le service, dépourvu de publicité intégrée, est facturé 79€ par an. Une affaire sensible qui a obligé son charismatique PDG, Steve Jobs, à prendre les choses en main, ce qui est un fait extrêmement rare dans l’histoire de la firme de Cupernito.

Autre cas, autre exemple, avec Google cette fois-ci. Du jour au lendemain, plusieurs utilisateurs de GMail et de ses services annexes, comme les Google Apps, se sont retrouvés dans l’incapacité d’accéder à la moindre de leur ressource. En cause : l’impossibilité pour eux de se connecter et d’être identifiés avec leur compte GMail. Or, comme ce dernier est à la base de toute l’identification aux différents services en ligne fournis par Google, les victimes du problème se voyaient privées de toute leur existence virtuelle. Plus de mail, plus de document bureautique, plus d’agenda, plus de Messagerie Instantanée. Durant 12h, toutes les preuves de leur existence chez Google et de leurs possibilités de communication avec les outils dédiés se voyaient supprimées.

Heureusement, le problème a été identifié et les utilisateurs ont pu retrouver leur connexion et l’ensemble de leurs données. Mais l’affaire aura eu le mérite de témoigner de l’excès de confiance qu’on peut accorder à une entreprise gérant l’ensemble des données utilisateurs, y compris lorsqu’elle s’appelle Google et qu’on sait qu’elle dispose pourtant d’un parc de machines serveurs titanesque, étendu à l’échelle de la planète. La question en inquiète même certains si l’on prend conscience du fait que, tel un Big Brother, Google se positionne aussi sur des services comme la téléphonie mobile et la géolocalisation (à travers son système de cartes Maps ou son logiciel Google Earth). On pourrait estimer qu’il s’agit là de pure paranoïa, cependant les dirigeants de Google semblent s’être eux-mêmes résignés à la puissance de leurs solutions et à l’omniprésence de leurs services.

Le pied sur le frein ?

Face à ces problèmes, et sans même évoquer l’impérative nécessité de disposer d’une connexion réseau haut débit, des mesures adaptées s’imposent et se développent. La duplication des données est une des réponses les plus évidentes, bien que l’accès instantané et en toute circonstance à ces données en constitue par la suite la difficulté majeure pour proposer une solution valable. C’est pourtant le pari que s’est fait fort de relever la société Inboxx, par exemple, en proposant pour les professionnels une solution d’archivage des emails et des pièces jointes qui les accompagnent. Une notion d’archivage qui n’est pas à confondre avec celle de la sauvegarde, comme se fait un devoir de le souligner le Président de la société Inboxx dans son article publié sur ITRmanager.com.

Une autre alternative qui apparaît peu à peu est celle développée curieusement par les grandes firmes américaines proposant justement en ligne tout ce dont devrait avoir besoin l’utilisateur. Curieusement, parce que l’alternative distribuée a pour but de rendre disponibles les données de l’utilisateur en mode déconnecté. Autrement dit, après l’installation d’un logiciel sur son système, l’utilisateur se retrouve avec une copie partielle des ses données sur son ordinateur, et il a la possibilité de les gérer depuis ce logiciel et non plus seulement depuis l’interface en ligne originelle. Cette réponse logicielle de firmes telles que Google ou Yahoo! est surprenante car elle amène donc à reconsidérer l’idée que toute la gestion des données puisse s’effectuer seulement en ligne.

Réelle réponse étudiée aux contraintes du tout en ligne ou subtile marche arrière déguisée ? Car après tout, comment s’empêcher de faire un rapprochement entre ces logiciels, censés apporter une fonction novatrice à la gestion des données en ligne, et les logiciels clients de messagerie, comme Thunderbird ou Outlook, qui fonctionnent déjà sur ce principe depuis plusieurs années ? Pourtant, ces grandes firmes croient beaucoup en ce type de solution logicielle, et ce n’est pas le récent accord conclu entre Canonical (l’éditeur de la célèbre distribution Linux Ubuntu) et Yahoo! qui démontrera le contraire, en intégrant dorénavant au système Linux le nouveau client Zimbra Desktop.

Finalement, les solutions logicielles retenues par les grandes firmes tendraient à prouver que les actuels logiciels de messagerie installés localement sur les machines ont encore plusieurs années devant eux. La réalisation des projets centrés sur une dématérialisation complète des ressources, des systèmes d’exploitation ou des moyens de communication sont sans doute prématurés, à l’image d’Aurora de la Fondation Mozilla, qui n’est encore justement développé qu’à l’état de projet. A ce titre, il sera intéressant de suivre les évolutions du plug-in Snowl, édité par la même fondation en version beta, et destiné à son navigateur phare comme une première tentative de rapprochement vers le concept d’Aurora.

Apple à la conquête des Webmails

Apple s’apprête à ouvrir incessamment sous peu son service MobileMe, refonte de son ancienne offre .Mac.

MobileMe s’annonce comme un service de synchronisation permanent et universel, capable d’effectuer du « Push » vers (ou depuis) un iPhone pour des éléments tels que l’email, le calendrier ou les contacts. Changement dans la stratégie d’Apple, MobileMe s’avère également pleinement compatible avec les logiciels de Microsoft que sont Outlook (dans sa version Express ou professionnelle), Windows Contacts et Windows Calendar.

Les fichiers gérés sur MobileMe ne s’en tiennent d’ailleurs pas seulement à pouvoir être accessibles depuis des clients lourds. Constituant l’évolution de .Mac, MobileMe fournit également en ligne l’ensemble de ces services, depuis n’importe quel navigateur, et sous des interfaces Web 2.0, très inspirées des créations logicielles d’Apple déjà intégrées à son système d’exploitation.

Bien que nécessitant un abonnement à l’année de 80€ en France, Apple veut faire de son nouveau service de données personnelles, centralisées sur le Web, un outil destiné au grand public, contrairement à un Microsoft Exchange dont les fonctionnalités avancées resteraient encore cantonnées aux seuls clients professionnels, selon Apple.

Cela étant, malgré l’ouverture d’accès de son service à tout client lourd, MobileMe aura encore à faire ses preuves face aux solutions déjà existantes et à celles, gratuites, que devraient bientôt proposer Google grâce aux interactions possibles entre ses comptes GMail et sa prochaine plate-forme pour téléphones mobiles, Android.

L’email n’est pas mort !

Voilà un titre qui pourrait apparaître comme complètement hors de propos sur ce site. A priori, c’est vrai, l’email reste l’un des moyens de communication les plus prisés, tous médias confondus. Selon différentes études, menées aussi bien dans le milieu professionnel qu’auprès du grand public, l’email est la première utilisation des Internautes.

En entreprise aussi, l’email serait devenu le moyen de communication interne numéro un. Il suffit d’ailleurs de se rendre compte des nouvelles habitudes que la messagerie électronique a généré : aujourd’hui, tout jeune chômeur se doit de composer son CV sur ordinateur et de l’envoyer par mail à différentes entreprises ou agences pour l’emploi. L’email aurait pris une telle importance dans les moyens de communications quotidiens que certaines activités se retrouveraient aujourd’hui bloquées si l’email leur était enlevé. Pourtant, force est de constater que ce moyen de communication essentiel n’est pas le plus aimé des jeunes.

Outre, le fait que nombre d’entre eux estiment l’email comme « ringard », la plupart lui reproche surtout d’être un moyen de communication trop lent. C’est donc naturellement qu’ils se tournent vers les logiciels de Messagerie Instantanée (Instant Messaging), tels que MSN, Skype, AIM ou bien Google Talk, à la recherche du contact immédiat avec l’interlocuteur.

Il faut bien avouer que l’IM offre des possibilités équivalentes voire nouvelles par rapport aux clients de messagerie : conférence à plusieurs (y compris en audio ou vidéo), envoi de fichiers de différentes tailles, visibilité en temps réel des personnes connectées, etc. L’IM prend même tellement d’ampleur que les principaux opérateurs de téléphonie mobile se voient maintenant courtisés par les éditeurs de logiciels IM !

La guerre des logiciels IM repart, mais sur un nouvel appareil, le téléphone mobile, car sur Internet, la bataille est maintenant pratiquement jouée en faveur de Microsoft. Du moins dans les logiciels à télécharger, car ceux-ci finissent eux aussi par subir l’inexorable chemin de la dématérialisation et, de ce point de vue, les places ne sont pas encore acquises…

En effet, l’association sites Web 2.0 / réseaux sociaux / IM paraît de plus en plus évidente, et des rapprochements entre portails Web 2.0 et éditeurs de logiciels IM se créent. Après tout, pourquoi lancer son logiciel IM si celui-ci est intégré à la page que l’on visite ? Cela a aussi l’avantage de pouvoir retrouver ses contacts directement en ligne, sur le site, depuis n’importe quelle machine, sans avoir à installer quoi que ce soit. Mais tous ces avantages de l’IM se trouvent aussi balayer par l’un de ses principaux inconvénients, présent depuis son existence.

Tous ces éditeurs de logiciels de Messagerie Instantanée ne sont malheureusement pas partageurs, et le numéro un du secteur garde jalousement tous ses utilisateurs inscrits. Même si des tentatives existent pour résoudre le problème d’intéropérabilité entre les réseaux IM (telles que celles proposées par les logiciels GAIM, Trillian ou encore Pidgin), aucune n’est apte à fournir tous les services auxquels un utilisateur a accès lorsqu’il s’est créé un compte chez l’éditeur. Et ce manque d’intéropérabilité pourrait bien freiner l’inexorable progression de la Messagerie Instantanée.

Disposer pour soi de tous les services du Web supposerait de sacrifier à la simplicité d’utilisation en ayant obligation de s’inscrire sur chacun des réseaux IM pour en profiter n’importe où, à tout moment. Or, ce problème, déjà connu par les utilisateurs depuis leur ordinateur, semble sur le point de se reproduire sur la téléphonie mobile et les sites Web 2.0.

Et c’est à ce moment que l’email joue son va-tout.

Que l’on utilise un téléphone mobile ou un ordinateur, et qu’il soit doté d’un système Microsoft, Apple ou Linux, l’email restera toujours visible ! Les standards sur lesquels reposent la communication par mail sont clairement établis et fonctionnent avec n’importe quelle plate-forme. Et ce qui paraissait impossible sur mobile, il y a encore quelques années, est aujourd’hui pleinement accessible avec l’augmentation du débit mobile, via les réseaux EDGE ou UMTS.

L’email pourrait bien effectuer sa renaissance avec l’évolution des téléphones mobiles, notamment grâce aux SmartPhones, véritables condensés d’ordinateurs. Ainsi, les emails, aux contenus enrichies par le langage HTML, se débarrassent de leur austérité habituelle et se trouvent toujours identiques à ce qu’ils sont, quel que soit le moyen utilisé pour les lire.

En outre, cette multiplicité des moyens d’utilisation de l’email n’impose pas l’immédiateté de la réponse. Par nature, l’email est un moyen de communication en différé, contrairement à la Messagerie Instantanée, et cette notion en fait donc un outil complètement détaché de toute plate-forme propriétaire, mais aussi libéré de la contrainte de disponibilité immédiate qu’impose le mode de communication des logiciels d’IM. Cet élément, en particulier, peut s’avérer déterminant lorsqu’on sait que l’avenir des communications passent par l’Internet mobile et le “permanently logged” (connecté en permanence).

Car être connecté partout en permanence n’implique pas pour autant être disponible pour ses contacts en permanence. A fortiori, le connexion mobile permanente pourrait bien amener chez les jeunes cet effet pervers du rejet de l’obligation de haute disponibilité, imposée par le terminal et le client de Messagerie Instantanée. Et quitte à communiquer quand on le souhaite, pourquoi ne pas choisir une manière différente de le faire, apportant des présentations plus conviviales des contenus et s’accompagnant de pièces jointes mulimédias ?

L’email a ce potentiel d’intéropérabilité et d’évolutivité qui pourrait, à terme, lui permettre de regagner les faveurs d’un public jeune, en quête généralement d’indépendance logicielle, de création aisée de présentations riches des messages et d’adaptation à une pleine mobilité. De part sa nature même de dialogue différé, il pourrait s’imposer comme l’outil de communication textuelle majeure de l’Internet de demain.