Tag Archives: administration

Le client lourd : nerf de la guerre entre serveurs de messagerie ?

En tout cas, il semble bien y tenir une place prépondérante, comme l’explique Steve J. Vaughan-Nichols dans la conclusion d’un article publié sur LinuxWorld.com.au.

Selon Vaughan-Nichols, la domination de la solution de messagerie Microsoft Exchange a été notamment rendue possible par le quasi-monopole d’utilisation du logiciel Outlook en environnement professionnel. Alors que d’autres solutions Open Source, comme le navigateur Mozilla Firefox ou la suite bureautique Open Office, jouissent d’une assez bonne notoriété, le rédacteur regrette que les solutions de messagerie n’aient pas bénéficié du même soutien, que ce soit de la part de la communauté ou de la part des organismes fondateurs qui en assurent le développement logiciel.

Une combativité moins importante du monde du Libre sur cette question qui aurait permis à Microsoft de s’implanter de manière très importante, avec une solution propriétaire (l’interface MAPI d’Outlook étant complètement fermée).

Si la Commission Européenne a pu forcer Microsoft à rendre public une partie de ses interfaces de programmation, dans les faits, le développement de la solution OpenChange (qui doit apporter une intéropérabilité parfaite entre les serveurs de messagerie Open Source et les clients Outlook) avance beaucoup trop lentement, selon l’auteur. Par ailleurs, les serveurs de messagerie Open Source ne parviendraient pas non plus à se hisser au niveau des facilités d’administration rendue possibles par un couple Exchange/Outlook.

Et Vaughan-Nichols de conclure que si l’Open Source peut espérer grignoter aujourd’hui quelques parts de marché aux solutions de Microsoft, c’est en prenant exemple sur des services de messagerie orientés Web, tels que Google GMail ou Zimbra Collaboration Suite.

Pour autant, l’avenir des solutions basées entièrement sur un client Web n’est pas complètement assurée. De même qu’à travers le projet Mozilla Messaging, la Fondation Mozilla semble prendre la mesure de l’importance d’un bon développement et d’un suivi appuyé autour d’un client de messagerie Open Source.

En outre, on pourrait objecter certaines choses sur l’état d’avancement du projet OpenChange. Si celui-ci se trouve effectivement retardé par l’arrivé de Samba 4, la communauté grandit autour de la solution. Des organismes privés, comme d’ailleurs la société Alinto, ont parfaitement assimilé les besoins des entreprises qui cherchaient à se libérer des solutions Microsoft. Et elles investissent aujourd’hui une partie de leurs moyens afin de soutenir et accélérer les développements d’OpenChange et Samba 4.

Yahoo! Messenger bientôt compatible avec Google Talk

L’accord de coopération publicitaire signé la semaine dernière entre Yahoo! et Google tente de mettre à l’écart Microsoft et révèle également une future compatibilité entre les services de Messagerie Instantanée Yahoo! Messenger et Gtalk. Ainsi, le client de messagerie de Yahoo! se trouve maintenant compatible avec ceux d’AOL (AIM), de Microsoft (MSN) et de Google. Un accord non négligeable qui oblige le milliardaire Carl Icahn a réajusté quelque peu son point de vue concernant les partenariats possibles avec Google, sans toutefois leur préférer l’option d’un accord de rachats des actions de la firme au moteur de recherche par Microsoft.

Car pour autant, la situation du PDG de Yahoo! est en ce moment particulièrement inconfortable. Outre les assauts répétés d’Icahn au conseil d’administration par lettres interposées, Jerry Yang s’est vu être vertement critiqué par des analystes économiques et la presse américaine pour son refus, il y a plusieurs mois, d’une précédente offre faite par Microsoft et créditant l’action Yahoo! à hauteur de 40$. C’est la stratégie même de Yahoo! par Jerry Yang qui est à présent remise en cause.

Pour certains, cela ne fait même plus de doute et son éviction, au profit d’anciens membres fondateurs (ayant suivi d’autres chemins, depuis), serait déjà programmée lors de la prochaine réunion du conseil d’administration, repoussée et prévue finalement pour le 3 août.

Pour l’heure, Microsoft se dit encore ouvert aux discussions mais semble surtout attendre avec intérêt ce qui ressortira justement de cette fameuse réunion.

Rachat de Yahoo : la guerre interne des actionnaires

Plus la date de la prochaine assemblée générale des actionnaires de Yahoo! se rapproche, et plus les divisions au sein des actionnaires mutent en une guerre interne opposant l’actuel conseil d’administration et Jerry Yang, PDG de la firme, au milliardaire Carl Icahn et aux actionnaires ayant rejoint son point de vue.

En effet, plusieurs fonds d’investissements et patrons de grands groupes ont décidé de suivre Carl Icahn dans sa stratégie de faire pression sur les décisionnaires de Yahoo! pour leur imposer la vente de la firme à Microsoft. Icahn, qui a encore augmenté sa part dans la société de 1,3 points et vise maintenant l’acquisition d’un total de 7% des actions, peut espérer atteindre prochainement, avec ses alliés, une part conjuguée de 12% du capital boursier.

A cette vitesse, au bout d’un mois et demi, c’est à se demander si le remplacement complet des membres du conseil d’administration par le milliardaire et ses partenaires est encore une vue de l’esprit ! Il faut avouer que l’action initiale d’Icahn a été rendue d’autant plus facile que, à la suite de l’abandon d’OPA par Microsoft, la valeur du titre perdit 16% à Wall Street.

Pour autant, ces manœuvres n’incitent pas Microsoft à reparler de rachat complet. Au contraire, l’éditeur américain aurait même revu ses positions à la baisse en ne s’intéressant plus qu’aux activités de “moteur de recherche” et de “liens sponsorisés” de Yahoo! ; ce qui pourrait déboucher sur une éventuelle scission du groupe en deux entités, l’une centrée sur son activité historique et l’autre sur les services développés autour de son fameux portail.

Microsoft ne ferme pas la porte à Yahoo!

Après la prise de 3% du capital de Yahoo! par le milliardaire Paul Icahn et ses velléités pour modifier la donne au sein du conseil d’administration, Microsoft, par la voix de Steve Ballmer, fait savoir qu’il est prêt à entamer “de nouvelles discussions avec Yahoo!, les actionnaires ou une tierce partie“.

Plutôt que de refaire une offre de rachat de la firme, la stratégie de Microsoft consiste maintenant à tendre la main aux actionnaires de Yahoo! pour leur proposer une alliance ou une transaction à l’amiable.

Evidemment, cette manœuvre consistant à s’adresser directement aux actionnaires, qui ont tous noté la baisse du cours de leurs actions après la défection de Microsoft, n’est pas pour plaire au conseil d’administration actuel et notamment à Jerry Yang, l’actuel PDG de Yahoo!

Les hostilités semblent donc reprendre de plus belle entre les grandes figures des deux firmes et nul ne sait encore si Google répondra à ce dernier épisode.

Venir un jour à bout du spam… une utopie ?

A quoi bon lutter ? Depuis maintenant des années, nous, modestes utilisateurs et victimes du spam, ne faisons que nous défendre devant ce qui est aujourd’hui reconnu comme le premier fléau d’Internet. Les logiciels existent, les solutions intégrées se répandent, les Webmails se protègent, mais tout n’est fait que dans le but de résister à l’inévitable attaque du spammeur. Alors est-il possible de l’attaquer, lui ?

Concrètement, les choses bougent ! Si en Europe, le spam est punit par la loi, il faut bien admettre que peu de cas de condamnation de spammeurs en France, ou ailleurs en Europe, ont été relevés dans la presse. Mais il faut aussi admettre que la chose est maintenant considérée comme un délit (ce qui ne fut pas toujours le cas) et dénote déjà d’une prise de conscience sérieuse de la part des gouvernements quant à ce fléau du Web.

La lutte contre le spammeur atteint même de nouveaux sommets aux Etats-Unis avec l’arrestation récente de Robert Soloway, surnommé le « Roi du Spam » pour avoir envoyé plusieurs dizaines de millions de spam via sa société. Le tribunal qui le juge en ce moment a requis à son encontre 26 ans de prison. On comprend bien là la volonté du tribunal de faire un exemple. Celui-ci risque d’avoir d’autant moins de peine d’être clément que Robert Soloway n’en est pas à sa première condamnation. Le Roi du Spam a déjà eu à se défendre face aux accusations de Microsoft, pour ne citer que lui, mais il s’en était toujours sorti avec des condamnations à l’amende ; amendes que Soloway ne paya jamais. Pourtant, cette fois-ci, notre accusé plaide coupable car il sent bien que le vent de la répression anti-spam a pris un nouveau souffle.

La condamnation lourde qu’il encourt est un avertisseur fort à tous ceux résidant dans le premier pays pourvoyeur de spam au niveau mondial (selon des études menées chez l’éditeur d’antivirus Sophos, 15,4% des spam de la planète proviennent des Etats-Unis). Nouvelle preuve de cette campagne anti-spammeurs menée par les Américains, la victoire devant la Cours de Californie du site MySpace face à deux spammeurs notoires, Walter Rines et Stanford Wallace, dit Spamford, pour avoir détourné plusieurs comptes utilisateurs du fameux réseau social, toujours dans le but d’augmenter la diffusion des spams. Pas de prison, cette fois-ci mais une amende record : si Sapmford s’était déjà vu infligé une amende de 4 millions de dollars en 2006, celle qu’il vient d’écoper en 2008 avec son collègue s’élève à 234 millions de dollars !

Et les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir pris la mesure de cette pollution numérique. Au début de l’année 2007, l’Asie, première région géographique émettrice de spam, a brutalement sonné le gong de la répression anti-spammeur. Via le Japon, d’abord, avec l’arrestation de quatre personnes qui, par le piratage d’un site de rencontres très populaire au pays du Soleil Levant, auraient envoyé rien de moins que 5,4 milliards de spam en seulement 2 mois ; puis via la Corée du Sud, ensuite, avec l’interpellation de deux hommes, Park (faussement nommé la Reine du Spam) et Kwon, pour l’envoi d’1,6 milliards de spam, en 4 mois, depuis des ordinateurs des services administratifs et financiers du pays.

En France également, le secrétaire d’Etat à la Consommation, Luc Chatel, a annoncé la création d’un comité de déontologie visant à protéger le consommateur des pratiques intrusives effectuées sur les services de communication en ligne. Est ainsi directement visée une nouvelle méthode de diffusion des spam, celle effectuée sur les téléphones mobiles.

Car non content d’avoir infesté les boîtes électroniques sur ordinateur, le spam s’amuse maintenant à investir tout moyen de communication numérique textuel : SMS, Messagerie Instantanée, Forums et maintenant Blogs, rien ne semble pouvoir lui échapper ! Fort heureusement, chacun développe aussi de son côté des méthodes de filtres, par ailleurs de plus en plus efficaces, pour limiter au maximum son invasion. Mais l’éternel jeu du chat et de la souris se met en place et s’ensuit alors une guerre numérique, voire une guerre des nerfs, pour savoir lequel abandonnera le premier.

Si le spam a toujours eu depuis ses débuts un objectif purement mercantile dans sa ligne de mire, sa prolifération a aujourd’hui entraîné dans la bataille des Etats tout entiers. Or, si le combat persiste, celui-ci pourrait aussi être perçu par les développeurs de logiciels de spam en une sorte de lutte « révolutionnaire » face aux administration étatiques. Pire, et pourtant parfaitement plausible tel que l’a montré l’arrestation du Coréen Park, le spam pourrait être utilisé dans une guerre virtuelle afin de paralyser en très peu de temps des infrastructures informatiques stratégiques, croulant sous le nombre de spam envoyés ou reçus.

Dans ces conditions, avec sa capacité d’évolution, sa force de diffusion et l’argent facile qu’il permet de générer pour quelques pirates en mal de reconnaissance, le spam semble aujourd’hui autant ancré dans la messagerie que ne l’est une arobase dans une adresse mail ! Une lutte apparemment sans fin, mais inévitable compte tenu du fléau que représente le spam sur le trafic Internet d’aujourd’hui.