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Posted by on 4, Jan 2018 in A la une, Business | 0 comments

La neutralité du Web, faisons le point

La neutralité du Web, faisons le point

Nous laissions 2017 s’achever sur une triste nouvelle pour Internet : sa neutralité est en danger !

Aux États-Unis ce principe a été abroger à l’issue du vote à la commission générale le jeudi 14 décembre 2017. Depuis l’élection de Donald Trump à la maison blanche le 8 novembre 2016, les défenseurs de la neutralité du net craignaient déjà l’abolition de ce principe, une des promesses de campagne de Donald Trump.

La neutralité du web, garantie de liberté ?

La neutralité du web est le principe selon lequel tout le monde doit avoir le même accès illimité à Internet. Le contenu est disponible pour tous, tout le temps et ce sans distinction d’opérateurs ou de moyen.

Plus que ça, la neutralité du web protège la liberté d’expression. Chacun est libre de créer du contenu de le partager. Que l’on soit Google, ou un simple entrepreneur, les internautes doivent pouvoir vous entendre. Donc techniquement, il n’y a pas de discrimination.

Nous avons précisé « techniquement » car par exemple, le référencement de Google est déjà en soi un système de classement et de hiérarchisation des informations. En proposant des services publicitaires le géant américain, permet à certains contenus d’apparaître en premières recherches ou pas. Mais là n’est pas notre réflexion du jour, cela fera surement l’objet d’un prochain article.

Revenons à nos moutons : dans le cas où la neutralité du net est abrogée, les plus gros FAI seront avantagés et les utilisateurs finaux pénalisés.

Dans le cas de l’utilisateur final, son utilisation d’internet deviendra forfaitaire. En gros plus vous avez les moyens, plus vous avez un accès large à tous les contenus, comme les bouquets TV. Vous pourriez avoir un pack « réseaux sociaux » un pack « vidéo » … Si ce système existe déjà pour le petit écran, il pénalise quand même les plus défavorisés. Et internet échappe encore à ces principes monétaires.

Du coté des grandes entreprises, là encore les gros poissons seront avantagés. Google, Apple, Facebook, Amazon, ont plus de moyens et pourraient payer pour voir leur contenu s’afficher plus fréquemment que les autres. On assisterait à une concurrence déloyale favorisant un contenu plutôt qu’un autre. Dans le cadre d’un marché mondial, Dailymotion (société française) aura beaucoup de mal à s’implanter aux États-Unis face à YouTube (possédée par Google). Il en va de même pour Deezer qui affronte entre autres Google Play Musique, Amazon Music Unlimited et Apple… La neutralité du web, pour les entreprises, est la garantie d’accéder à tous les marchés sans distinction de moyens de la cible.

En Europe qu’en est-il ?

En France nous sommes protégés par la neutralité du Web grâce à une loi européenne votée le 5 juin 2016. Mais peut-être plus pour longtemps ?

Le patron d’Orange, Stéphane Richard s’exprimait à ce sujet. Mettre fin à la neutralité du web c’est, selon lui, une obligation ! Non pas pour surveiller et manipuler les contenus, mais pour profiter des bénéfices engendrés et mettre à niveau leurs infrastructures pour accueillir l’internet du futur. Le PDG pense que par exemple les objets connectés (voitures autonomes, robots chirurgicaux) vont nécessiter des internets avec des fonctionnalités et des puissances différentes et donc des qualités de services différentes.

Difficile d’imaginer que les opérateurs se borneraient à brider les industries quand on a déjà pu voir que les débits de YouTube ont été freinés à une époque pour les abonnés Free.

En Europe et notamment au Portugal, certains opérateurs ont déjà contourné ce principe et proposent des offres où il faut par exemple ajouter 5 euros mensuels pour accéder à certains réseaux sociaux en illimité.

 

Les opérateurs vont devoir trouver un juste équilibre entre profits, développement des technologies, et utilisateurs. On ne peut que croiser les doigts pour que le modèle américain ne se généralise pas à vitesse grand V. Espérons que les opérateurs prendront au moins le temps d’analyser les retombées de ce changement. Bref, comme ils disent en Amérique « wait and see* ».

 

 

Sources : Le monde.fr et Frandroid et 01.Net. Image : ZDNet avec un article très intéressant sur la mobilisation de la Silicon Valley.

*Attendons et regardons

 

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