Spam : “pourriel” ou véritable outil commercial?

Il est incroyable de constater que la fermeture soudaine d’un seul hébergeur puisse engendrer une diminution conséquente du nombre de spams au niveau mondial.

Suite à la déconnexion du réseau de l’hébergeur McColo Corp par ses fournisseurs mardi 11 novembre 2008, la propagation de spams aurait diminué de 66 à 75 % selon les sources. La raison de cette interruption soudaine de service ?

Les fournisseurs de l’hébergeur dont fait partie Hurricane Electric, ont réagi suite au rapport de Brian Kerb, journaliste au Washington Post, dénonçant les dérives de McColo Corp. Selon les différentes enquêtes du journaliste, la société californienne hébergerait les machines permettant la diffusion de botnets et e-mails litigieux. La répercussion des fournisseurs suite à la connaissance de ce rapport a été instantanée. En moins d’une heure, McColo Corp s’est retrouvé hors réseau.

Mais ce répit pour nos “boîtes de réception” ne saurait être que de courte durée, car il ne fait aucun doute  que les spammers sont réactifs et que la quantité de spams va très vite revenir à la “normale”.

Ainsi, le spam est souvent décrié et peut-être à tort…. En effet, des chercheurs de deux universités américaines (Berkeley et San Diego) se sont intéressés au retour sur investissement de l’envoi de spams (consulter l’étude). Sur 350 millions de courriels expédiés en 26 jours, 28 ventes ont pu être concrétisées avec une dépense moyenne de 100 dollars. Si le taux de transformation n’est que de 0,00001 %, il faut avouer que le spam présente l’énorme avantage d’être très rentable. La diffusion en masse de ces messages engendre un potentiel de clients finaux non-négligeable, ce sujet est développé plus en détails sur Demain le Mail dans l’article du 09 septembre 2008.

A lire sur le même thème :

2 commentaires pour l'article "Spam : “pourriel” ou véritable outil commercial?"

  1. Pauline dit :

    Cher Quentin,

    Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre fidélité et plus encore, pour votre participation active à notre blog Demain le Mail. Votre réaction anime le débat et n’en rend que plus intéressant le blog Demain Le Mail.

    De ce point de vue, le CPM d’une diffusion de spams est effectivement infime. Cependant, lorsque l’on prend connaissance de la part représentée par les pourriels sur l’ensemble du flux d’emails (81,5% selon une étude de MessageLabs relaté dans un article de NetEco – http://www.neteco.com/152220-spam-represente-81-emails-niveau-monde.html ), et que un seul hebergeur (cf. ci-dessus) génère 66% des envois, l’investissement en R&D dont vous faites part est rapidement amorti par l’effet de massification. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les personnes qui deviennent acheteuses suite à la réception d’un spam peuvent effectuer ultérieurement d’autres achats.

    Puisque l’on parle d’investissement lié aux pourriels, qu’en est-il du côté des fournisseurs d’accès à Internet ? Comme le mentionne très justement une enquête du JDN ( http://www.journaldunet.com/0501/050118spamfai.shtml ), il est difficile d’estimer avec exactitude le coût engendré par la circulation en masse de spams pour les FAI. Car comment différencier un spam d’un e-mail au niveau de la bande passante ?

    Les répercussions financières pour les FAI sont nombreuses :
    - la part de trafic monopolisée sur la bande passante
    - la file d’attente générée par l’envoi de message à des destinataires aléatoires et donc parfois non existants. Lorsqu’une adresse n’est pas valide, le FAI transmet un mail automatique spécifiant l’échec de la transmission. Mais comme les adresses expéditrices sont-elles mêmes erronées, il se crée un stockage considérable sur les serveurs.

    Face à cette déferlante de pourriels, les FAI mettent en œuvre divers processus de défense comme par exemple l’utilisation de black-lists et de macro-filtres installés au niveau des serveurs. Ils proposent également à leurs utilisateurs des solutions anti-spams. A ces coûts technologiques viennent s’ajouter les investissements déployés autour des ressources humaines nécessaires au bon fonctionnement de ces technologies et de la préservation de l’image de marque (campagnes publicitaires et relation clients).

    Si, selon vous, le spam n’a aucun intérêt, vous pourrez reconnaître qu’il représente un réel business pour ceux qui en abuse tout en faisant supporter une grosse partie des coût aux FAI, Email service provider, et in fine à l’ensemble des internautes (privé et entreprise).

  2. Quentin dit :

    Bonjour Pauline,

    Premier commentaire de ma part sur ton blog, que je lis pourtant depuis quelque temps, ça se fête… !

    Bref, tout ça pour réagir à ton dernier paragraphe : je ne le comprends pas tellement => 28 ventes à 100 $, ça fait 2800 $ (waouh, je suis fort en math). Pour 350 millions de courriers envoyés, ça fait un CPM de 0,008$ ! Je ne dirais pas du tout que c’est rentable, même en imaginant que l’envoi d’un tel volume de mails doit diminuer sensiblement le coût marginal du mail envoyé.
    Car de l’autre côté, les spammeurs doivent investir dans une “technologie” anti-antispam coûteuse en R&D. Bref, je trouve que cette étude (que je n’ai pas consulté dans son intégralité) tendrait plutôt à dire que le spam n’a aucun intérêt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>